dimanche 6 août 2017

Revirements, polémiques, majorité... Emmanuel Macron maîtrise-t-il son été?

Il voulait une présidence maîtrisée et sans couacs, c'est exactement le contraire qui semble se produire.

 02/08/2017 13:51 CEST | Actualisé il y a 1 heure
POLITIQUE - Cela devait être droit, vertical, net et sans bavure. Emmanuel Macron, chantre d'une "présidence jupitérienne" avait retenu les leçons du quinquennat de son prédécesseur, miné par les couacs dès son entrée en fonction. L'idée était de faire précisément l'inverse, quitte à bouleverser les relations entre l'Elysée et la presse, afin que la maîtrise présidentielle sur le cours des événements soit totale.
A part à l'international, où il s'est distingué par son volontarisme, rien ne s'est passé comme prévu pour le nouveau chef de l'État. Les affaires Bayrou et Ferrand ont contraint Emmanuel Macron à se séparer prématurément de deux poids lourds, l'affaire Pénicaud continue de menacer la ministre du Travail, et son clash avec l'ex-chef d'état major des armées a laissé des séquelles.
Outre les difficultés qu'il a eues à surmonter, le président de la République doit aussi composer avec une majorité qui peine à trouver ses marques à l'Assemblée nationale, et ce dans un contexte où Richard Ferrand est contesté en interne. Une situation qui oblige Emmanuel Macron à aborder son été en navigant à vue, au risque de s'exposer à des revirements pouvant affecter une popularité déjà (fortement) en baisse.
APL, migrants, dotations...
"C'était une connerie sans nom!". Voilà comment Emmanuel Macron a perçu la baisse des APL de 5 euros annoncée par le gouvernement, selon des propos rapportés par Le Canard enchaîné. "Pas la peine de se retrouver dans des débats complètement dingues qui n'ont fait l'objet d'aucun engagement", a-t-il éructé devant ses ministres, leur demandant de "s'en tenir à ce qu'on avait dit pendant la campagne".
Ce n'est pas le seul sujet sur lequel le chef de l'État semble avoir une divergence de vue avec son équipe gouvernementale. Sur la question migratoire, Emmanuel Macron et ses ministres soufflent le chaud et le froid, s'opposant d'abord à la construction de centres d'urgence à proximité de Calais, avant d'annoncer deux semaines plus tard l'ouverture de deux structures d'accueil dans les Hauts-de-France. "On ne va pas reconstituer des camps, ce sont des structures qui ne génèrent que des problèmes", avait pourtant affirmé Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, en marge de la présentation du "plan migrant".
Tâtonnements également sur le dossier des dotations aux collectivités locales. Alors que le chef de l'État s'était engagé début juillet devant les élus locaux à ne pas procéder "par baisse brutale de dotations", on apprend ce mercredi 2 août que l'exécutif a publié un décret trois jours plus tard pour raboter de 300 millions l'aide de l'État aux collectivités territoriales. Qu'importe que cette baisse affecte l'investissement, et non le fonctionnement, certains élus voient dans cette disposition prise en catimini une "trahison". "Pour l'instant, c'est le bazar à tous les étages. Ca pourrait presque être nous au pouvoir!", ironisait dans Le Monde un proche de François Hollande.
Autre déconvenue, l'adoption laborieuse de la loi sur la moralisation de la vie publique. Alors que le texte est critiqué pour l'abandon du casier judiciaire vierge pour les élus, son examen final a été repoussé d'une semaine à cause d'un désaccord entre l'Assemblée et le Sénat sur l'abandon de l'IRFM. Un report qui offre aux détracteurs du texte sept jours de joutes supplémentaires.
Couacs et recadrages
Alors que s'installe progressivement l'impression que son début de quinquennat lui échappe, Emmanuel Macron a réuni sa garde rapprochée pour une "réunion stratégique" à l'Elysée, rapporte Le Monde. Autour de lui, Richard Ferrand, François Patriat, Christophe Castaner ou encore Gérard Collomb. "On s'est 'bercyisé'. C'est tout l'inverse de ce que le président veut faire. Il ne veut pas gérer, il veut transformer", confie au quotidien l'un des participants à ce recadrage.
Selon Le Figaro, Emmanuel Macron aurait également remonté les bretelles de ses ministres les moins expérimentés, à l'occasion du conseil des ministres du 12 juillet. "C'est du pipi de chat, ce qui me remonte actuellement dans certaines de vos notes. Ne vous laissez pas enfermer dans le confort des documents rédigés par vos administrations. Certes, cela peut vous paraître sympathique et confortable de vous placer entre leurs mains. Mais vous verrez, dans six mois, si vous continuez, vous aurez disparu", s'est il emporté.
Si l'Elysée a démenti l'utilisation de l'expression "pipi de chat", c'est bien celle-ci qui a été reprise et commentée partout dans la presse, entretenant ainsi l'image d'un début de quinquennat non maîtrisé.
D'autant que le spectacle offert par la majorité n'est pas pour le rassurer. Quand ce n'est pas la députée Claire O'Petit qui invite les étudiants à ne pas "pleurer pour cinq euros", les parlementaires LREM rejettent un article par erreur, au grand dam du président de la séance, déjà sur le fil en raison des prestations contestées de ses collègues au perchoir. La lente actualité estivale aidant, l'attention médiatique se focalisait sur le spectacle joué tous les jours au Palais Bourbon.
"C'est inévitable que cela ne fonctionne pas comme avec des parlementaires aguerris qui ont quinze ans de métier. Des jeunes sont arrivés, ils ont pris des responsabilités que certains n'étaient pas en mesure d'assumer, je l'entends bien, mais néanmoins les lois ont quand même été votées. D'accord, il y a eu des couacs et des dysfonctionnements, mais c'est mineur", explique au Parisien François Patriat, président du groupe LREM au Sénat.
Et ce dernier de relativiser la mauvaise passe d'Emmanuel Macron: "il ne faut pas avoir peur d'assumer l'impopularité sur de vraies réformes de fond. Et il vaut mieux être impopulaire au début et avoir des résultats ensuite plutôt que l'inverse, comme l'a fait François Hollande".

Manifestants payés pour «faire le show»: les confessions d’une adhérente LREM

Publié le par LA REDACTION
Manifestants payés pour «faire le show»: les confessions d’une adhérente LREM
Tiphaine Beaulieu, adhérente à LREM et porte-parole Les marcheurs en colère, dénonçant le non-respect des valeurs démocratiques au sein du parti, a parlé avec des manifestants, qui n'appartenaient même pas à LREM, et a découvert qu'ils étaient «payés» pour faire le show, confie-t-elle dans un entretien à Sputnik.
Des partisans et animateurs des comités locaux du parti LREM contestent en justice les nouveaux statuts du parti. Le tribunal de grande instance de Créteil a validé la procédure de vote, mais les collectifs Les marcheurs en colère et La démocratie en marche continuent de contester les nouveaux statuts du parti fondé par Emmanuel Macron sur le fond, tout en espérant obtenir gain de cause sur le terrain du vice de forme auprès des tribunaux.
L'adhérente à LREM Tiphaine Beaulieu se bat pour signaler des dysfonctionnements au sein du mouvement. 
 L'adhésion au mouvement fondé par le Président est ouverte et gratuite, poursuit-elle:
«On adhère en deux clics. Les adhérents ne sont pas clairement nommément identifiés, ce sont que des adresses mails».
En guise d'exemple, Tiphaine cite le cas suivant: un adhèrent s'est inscrit au nom d'Alain Juppé et a reçu par retour l'autorisation de voter à ce nom.
«C'est même pas l'usurpation d'identité, ce sont les gens qui s'amusent. Ça nous discrédite, on va devenir une risée», déplore l'interlocutrice de l'agence.
À la convention destinée à être une énorme assemblée générale, où seuls les animateurs des comités étaient pour autant conviés, on a eu «droit au show», estime-t-elle, mais ce droit semble être plutôt usurpé.
 «J'y ai discuté avec des gens qui n'étaient même pas adhérents d'En Marche!, j'y ai discuté avec des gens qui étaient là pour faire le show et qui m'ont dit avoir été payés. C'est grave. C'est un mélange de styles qui pourrait être perçu, je ne calomnie pas, comme une énorme escroquerie et une énorme manipulation de masse», résume Tiphaine.
En cela, mettant en cause l'organisation de LREM, on court le risque d'être exclu: dès que ceux qui posent un regard critique sur le fonctionnement interne sont identifiés, ces gens sont black-listés systématiquement, sans prévenir. 

«Yes, la meuf est dead» : le SMS présumé de la conseillère de Macron sur la mort de Simone Veil



«Yes, la meuf est dead» : le SMS présumé de la conseillère de Macron sur la mort de Simone Veil
En charge des relations avec la presse, Sibeth Ndiaye a un style et des méthodes qui ne plaisent pas à tout le monde à l’Elysée. A tel point qu’Emmanuel Macron ne serait pas contre l’idée de la mettre sous tutelle.
«Yes, la meuf est dead.» C’est par ces mots, envoyés par SMS, que Sibeth Ndiaye, en charge des relations avec la presse à l’Elysée, aurait répondu à un journaliste qui lui demandait si Simone Veil était bien décédée, selon le Canard enchaîné du 2 août. Le journal précise que le SMS circulerait entre conseillers d’Emmanuel Macron.
Contactée par LCI, l'intéressée dément s'être exprimée en ces termes. «Le SMS [dont l'authenticité n'a pu être vérifiée] est totalement faux», assure-t-elle sans donner davantage de précision.
C’est fini la bande de potes qui dégomme tout ce qui bouge
Au-delà du présumé message au style atypique, les méthodes de la conseillère en communication du président suscitent la perplexité chez certains. «Elle a pris l’habitude d’appeler les rédactions pour commenter les articles, mais la campagne est terminée, une nouvelle ère commence, c’est fini la bande de potes qui dégomme tout ce qui bouge», commente un autre conseiller d’Emmanuel Macron, sous couvert d’anonymat, cité par le Canard.
Ces réticences feraient que le chef de l’Etat ne serait pas contre l’idée de «mettre Sibeth Ndiaye sous tutelle», selon le journal.
Par le passé, Sibeth Ndiaye s'est distinguée par des propos peu communs. En juin, elle confessait à l’Express : «J’assume parfaitement de mentir pour protéger le président.» La conseillère du chef de l’Etat n’avait pas non plus caché que l’équipe d’Emmanuel Macron appelait quotidiennement les médias lorsqu'ils avaient «des divergences d’interprétation».
Raconter l'actualité

Moralisation de la vie publique: Batho recadre la présidente de séance à l'Assemblée

 

Lors de la séance parlementaire de lundi soir, la vice-présidente de l'Assemblée nationale, Danielle Brulebois, a tenté de couper court au débat sur le casier judiciaire vierge des élus, provoquant la colère des députés. 

Candidat au Conseil constitutionnel, Michel Mercier a eu recours à des emplois familiaux

01/08/2017 à 21h54
Michel Mercier - MEHDI FEDOUACH / AFP

Dans son édition à paraître ce mercredi, Le Canard enchaîné révèle que le sénateur Modem du Rhône Michel Mercier, en passe de rejoindre le Conseil constitutionnel, a employé deux de ses filles comme assistantes parlementaires. L'une d'entre elles habitait pourtant à Londres à l'époque de son embauche.

Les collectivités territoriales En Marche vers le démantèlement

Il y a deux semaines assurait-on dans l’entourage du président de la République Emmanuel Macron que « l’on ne procéderait pas par baisse brutale de dotation ». Comme chaque fois en politique, les promesses n’engagent que ceux qui y croient et, comme chaque fois en politique, ont-ils attendu le cœur de l’été pour prendre les décrets les plus contestables de ce début de mandat.
Pour le moment ce sont déjà 300 millions d’euros de dotations d’Etat qui ont été annulés pour les collectivités territoriales. Aussitôt gronde le mécontentement notamment chez les Maires de France dont les moyens ont été drastiquement réduits ces dernières années alors qu’ils sont probablement les élus les plus impliqués et les plus indispensables de la République.
Nous avions déjà souligné que leurs responsabilités sont souvent inversement proportionnelles à leur rémunération, loin du cliché de « l’élu qui s’enrichit ». Aussi ne compte-t-on plus toutes ces communes notamment rurales où le conseil municipal souvent majoritairement bénévole remplace l’Etat dans la plupart des tâches qu’il assumait dans un passé pas si lointain.
Le combat contre les abus dans la dépense publique est parfaitement légitime mais implique de combattre les abus là où ils sont véritablement. En effet, cette coupe de 300 millions d’euros risque bien de toucher probablement plus les citoyens qu’elle n’endiguera la frénésie dépensière constatée dans certaines collectivités territoriales.
Dès lors ne peut-on plaider à tout va les économies en promettant 3 milliards d’euros à Rihanna et en invitant des millions de migrants à rejoindre la France qui n’a pourtant plus et depuis longtemps les moyens d’en accueillir.
Cette énième coupe traduit en fait un désengagement croissant de l’Etat dans la partie « locale » et pourtant vitale du pays en conformité avec l’évolution souhaitée par l’Union européenne (UE) d’organiser des territoires « à l’Allemande » à savoir de « grandes régions » et de « grandes métropoles ».
Sauf que cette organisation dont l’efficacité reste à prouver et qui n’explique pas « l’efficacité économique » de l’Allemagne ne correspond pas aux mécanismes anciens de l’Etat-nation à la française, ce qui ne manquera donc pas de susciter un fort rejet de ce détricotage national opportunément présenté comme une indispensable réforme.
En sus, les questions relatives au financement de la suppression de la taxe d’habitation et à la réforme de l’Impôt sur la fortune (ISF) pour devenir l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) continuent à semer le doute au sein de collectivités territoriales à qui l’on explique devoir faire plus avec beaucoup moins.
Le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin se réjouissait récemment – probablement fut-il le seul – du fait que les économies ne s’accompagneraient pas de hausses d’impôts – oui vous avez bien lu. Sauf qu’au final, avec moins d’APL, 800 millions d’euros en moins pour les Armées et 300 millions d’euros en moins pour les collectivités territoriales, vous paierez toujours autant d’impôts et même plus de CSG.
Au final, tout ceci constitue une belle hausse d’impôts actée au cœur de l’été. Le Politique vous souhaite de bonnes vacances !

Sondage : la popularité de Macron encore en forte baisse



Le président, qui tombe à 36 % d'opinions favorables, est pour la première fois devancé par Édouard Philippe. La popularité du gouvernement s'effrite aussi.

Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr
Après une baisse spectaculaire en juillet, la popularité d'Emmanuel Macron subit une nouvelle érosion (- 7), avec 36 % seulement de jugements positifs sur son action, selon un sondage YouGov diffusé jeudi. Trois mois après son arrivée à l'Élysée, Emmanuel Macron perd notamment quatorze points en un mois auprès des sympathisants centristes et huit auprès de ceux des Républicains. Quarante-neuf pour cent (+ 13) des personnes interrogées jugent négativement son action.
Le chef de l'État est même doublé par Édouard Philippe (- 2). Le Premier ministre le devance d'un point avec 37 % d'avis favorables, malgré une forte baisse de popularité auprès également des proches des centristes (- 10) et des Républicains (- 10). Et 42 % (+ 11) portent sur son action un jugement défavorable, selon cette enquête pour le Huffington Post et CNews. À l'image du couple exécutif, le gouvernement voit sa popularité s'effriter avec 33 % d'opinions positives, soit une perte de cinq points.
Près d'un Français sur deux interrogés (49 %, - 8 %) estime toutefois que le gouvernement est « prêt à prendre des décisions impopulaires si elles sont bonnes pour le pays », mais moins d'un sur trois (32 %) dit avoir confiance en lui pour moraliser la vie publique. Le chômage et l'emploi (25 %, - 2) restent les principales préoccupations des Français, devant l'immigration (15 %, + 1) et la protection sociale (14 %, + 1).
Merci à Geneviève Deloche-Ribeyre pour ce lien !! 

 Une crise majeure se prépare en France 
Milliere Guy

POSTÉ LE 01 AOÛT , 2017, 9:32

Emmanuel Macron a commencé à chuter dans les sondages.

Ce n’est, je pense, qu’un début.

Comme je l’ai écrit depuis que sa candidature a émergé, Emmanuel Macron est essentiellement un produit préfabriqué, vendu par les grands médias.

C’est un Président vide et inconsistant, dont le vide et l’inconsistance sont dissimulés derrière une arrogance autoritaire et quelques coups d’éclat dont l’effet retombe rapidement.

C’est un homme qui a été élu par défaut, parce que le candidat de la droite modérée s’est démoli lui-même et a été démoli, et parce que la droite modérée était devenue inconsistante, ce qui explique sa décomposition actuelle.

C’est un homme qui s’est fait élire par la diabolisation de Marine Le Pen.

C’est un homme dont les discours étaient emplis de phrases creuses et contenaient de rares promesses, déjà trahies pour la plupart.

C’est un homme qui, lorsqu’il se laisse aller et livre le fond de sa faible pensée, peut dire des phrases monstrueuses – que des phrases plus nobles, écrites par quelqu’un d’autre pour qu’il les lise, ne parviennent pas a effacer.

C’est un homme qui ne dit strictement rien sur les problèmes les plus graves que connaît le pays.

C’est un homme qui, dès lors, se trouve à la merci de grèves, d’émeutes, d’attentats.

C’est un homme qui s’est acquis la défiance et le mépris de l’armée, et en qui la police n’a aucune confiance.

C’est un homme qui a fait entrer dans son gouvernement des idéologues, tels que Nicolas Hulot, et qui a placé à l’Assemblée des gens sans la moindre consistance, afin qu’ils votent ce qu’on leur demande de voter, sans avoir compris quoi que ce soit au texte discuté.
Si grèves, émeutes ou attentats se produisent, les conséquences pourraient être très lourdes.

Or, dans un pays où sont présents chômage, pauvreté, zones de non-droit, migrants incontrôlés, islamistes revenus de l’État Islamique désormais détruit, grèves, émeutes et attentats sont de l’ordre du probable.

Si des conséquences très lour­des se profilent et s’il devient visible que le chef de l’exécutif a dépassé de beaucoup son seuil de compétence, des élections anticipées peuvent avoir lieu et une alternance se produire.

La France est dans une situation où aucune alternance n’est véritablement envisageable, vu l’état de la droite et celui du Front National.
Quand aucune alternance n’est possible et qu’il faudrait une alternance quand même, il reste le chaos et la déliquescence.
Je crains que chaos et déliquescence se profilent.

Je dois dire que cette crainte m’habite depuis plusieurs années.

J’ai expliqué dans un petit livre intitulé « Voici revenu le temps des imposteurs » qu’un travail de sape de longue haleine avait été mené par la gauche, qui avait pris le contrôle des médias, de l’éducation, de la culture, de l’édition, et par un effet d’entraînement de tous les appareils politiques.

J’ai expliqué que le but recherché était celui qui avait été défini par un communiste italien des années 1930, Antonio Gramsci, et que ce but avait été nommé par Antonio Gramsci « hégémonie »: l’hégémonie, disait-il, implique la prise de contrôle susdite, avec pour but que tous les débats, toutes les idées énoncées se situent sur le terrain tenu par la gauche et que toute idée différente soit éliminée.

En tant que communiste, Antonio Gramsci voulait la destruction des sociétés capitalistes démocratiques occidentales, de façon à ce que, dans les décombres, puisse advenir la société radicalement différente rêvée par les communistes.

Je disais dans « Voici revenu le temps des imposteurs » que la France était pratiquement dans une situation d’hégémonie culturelle de la gauche. Je le pense plus que jamais.

J’ajoutais que la destruction était en cours, car – et j’insistais alors sur ce point – l’hégémonie aboutit à l’anéantissement des repères qui permettent à une société de fonctionner.

Cet anéantissement des repères conduit à l’anomie.

Je pensais que l’anomie en France était proche. Je le pense plus que jamais, et je l’écris sans joie.

Je pense plus que jamais qu’Emmanuel Macron a été élu parce que la France s’approche de l’anomie.

Il sera le Président de l’anomie et je crois qu’une crise majeure se prépare en France. Elle a même sans doute déjà commencé.

Paris va organiser les JO 2024. La suite va vous déprimer.

Publié le  
C'est une affaire faite : Paris organisera les JO 2024. Cela a au moins un avantage:  comme à chaque fois, on peut facilement prévoir ce qui va arriver.

1Le budget va exploser

Ce n'est même pas une prévision, c'est une certitude. Tous les JO, sans exception jusqu'à présent, ont dépassé leur budget prévisionnel, pourtant très élevé, car l'organisation des JO est à la fois le type méga-projet le plus cher qu'une collectivité publique puisse entreprendre, et celui qui connaît les dépassements les plus élevés. En moyenne, c'est 156% de dépassement pour les jeux en général, 176% pour les jeux d'été. Pour un budget prévisionnel d'environ 6.6 milliards d'euros pour l'instant, cela nous conduirait pour Paris 2024 aux alentours de 18 milliards d'euros de coût global. Et ne venez pas me dire que cela sera différent pour Paris, "parce que toutes les infrastructures sont déjà construites" : ce taux de dépassement porte sur le coût d'organisation des jeux hors infrastructures. Or celles-ci sont aussi victimes de la tendance aux surcoûts systématiques.
Car la tendance aux surcoûts s'explique par les caractéristiques spécifiques des jeux olympiques. Tendance, au départ, à minimiser les coûts anticipés et multiplier les promesses pour obtenir l'organisation des jeux, pour ensuite refaire un budget plus réaliste. Ensuite, l'ampleur de l’événement à organiser, sa très forte médiatisation (qui fait que rien ne peut apparaître comme raté) et les délais très stricts (on ne va pas annoncer au dernier moment que les jeux sont décalés de 6 mois) multiplient les occasions de dépassements budgétaires. Les incidents sont systématiques et ne peuvent être résolus qu'avec des dépenses supplémentaires. Les bailleurs de fonds publics - ville, région, Etat - n'ont pas d'autre choix que de payer si on leur annonce que tel problème (sécurité, chantier non terminé, quoi que ce soit d'autre) nécessite une rallonge. Encore une fois il ne s'agit pas de théorie : c'est arrivé dans 100% des jeux, parfois dans des proportions grotesques (budget multiplié par 8 pour les jeux de Montréal en 1976, qui ont endetté la ville pour les trente années suivantes) parfois de manière un peu moins contrôlée, une fois de manière entièrement bidonnée (le dépassement de Pékin, 2% seulement, est peu crédible).
Pensez-y la prochaine fois qu'on vous dira qu'il faut faire des efforts de dépenses publiques, qu'il faut rogner telle allocation ou telle dépense parce que l'intérêt supérieur de la nation l'exige. Les mêmes personnes iront ensuite communier toutes ensemble pour se livrer à ce qui constitue la dépense la plus ruineuse qui soit.
Ah, et pour les JO de Tokyo, les organisateurs japonais envisageaient un budget de 5 milliards : ils projettent maintenant 17 milliards.
Les bénéfices seront surévalués
Deuxième caractéristique des JO : la tendance à surestimer les gains, de préférence dans des études de complaisance commandées par le comité d'organisation pour cacher les réalités au public. Ainsi le comité d'organisation des jeux de Londres est arrivé à un "bénéfice" en comptant comme gains liés aux JO tous les investissements réalisés dans la ville par des multinationales étrangères les années suivant les jeux. Car bien évidemment, si Goldman Sachs a acheté des bureaux à Canary Wharf en 2013, c'est parce qu'ils ont été subjugués par les exploits des cyclistes britanniques en 2012... de la même façon tout le supplément de touristes venus à Londres l'année suivante a été imputé aux JO.
Or si effectivement les jeux attirent des visiteurs pendant qu'ils ont lieu, ils chassent aussi d'autres visiteurs peu interessés par l'ambiance sportive, ou simplement chassés par l'affluence. L'été 2024, les lunes de miel se passeront à Venise plutôt que dans un Paris aux hôtels remplis de supporters. Pour des villes qui d'habitude n'attirent pas grand-monde, cela peut être un avantage. Pour la capitale du pays attirant le plus de touristes au monde en temps normal, l'intérêt est beaucoup plus limité.
Parce que les bénéfices tangibles des jeux sont limités, la tentation est grande d'aller imaginer tout et n'importe quoi et de le rebaptiser "bénéfice des jeux olympiques". Ou d'expliquer qu'il ne faut pas regarder les bénéfices mais se dire que c'est l'occasion de "construire des infrastructures utiles", dans le cas parisien "de faire le grand Paris". Sauf que les infrastructures en question sont plus adaptées aux besoins de l'évènement sportif qu'à ceux de la population. On se retrouve avec des logements inutilisables, ou nécessitant des aménagements supplémentaires pour être exploités. Que penseriez-vous si en allant à l'épicerie pour acheter une laitue, et qu'on vous dise que vous ne pouvez acheter que de la salade frisée, et à la condition d'acheter en même temps quatorze tablettes de chocolat?
A partir de 2025, tout le monde s'en fiche
"Mais les JO, c'est le prestige, la grande fête du sport, être au centre du monde pendant un mois, ça n'a pas de prix". Voilà l'argument : les JO ne doivent pas être considérés au travers des lunettes bornées des coûts et des bénéfices. Ce sont des dépenses de prestige dont l'intérêt est de rendre heureux ceux qui les organisent.
Et c'est vrai que tout ne devrait pas être jugé en termes de coûts et de bénéfices. Le problème, c'est que même à cette aune-là, les JO sont une catastrophe. Soyez honnête. Je vous dis "Londres" pensez-vous aux JO? je vous dit "Rio" cela vous évoque des exploits sportifs ou un mélange de statue du christ rédempteur et de carnaval? Je vous dit Athènes, pensez-vous au Parthénon ou aux stades olympiques? Je vous dit "Sydney", n'est-ce pas l'image de l'opéra dans la baie qui vous vient immédiatement en tête?
L'essentiel du prestige apporté par les JO ne bénéficie pas aux villes, parce que les exploits sportifs sont accomplis dans des stades ou installations sportives interchangeables. Rien ne ressemble plus à une piscine olympique en Chine qu'une piscine olympique n'importe où ailleurs. Résultat, les amateurs de sport n'attachent pas d'importance à la ville dans laquelle les performances sont réalisées. Pour les habitants du pays organisateur, il ne reste que la gueule de bois, les infrastructures peu utilisables, et la dette à payer.
rabat-joie!
Depuis 12 ans que je rappelle ces tristes réalités (qui se sont avérées depuis trois olympiades, mon meilleur record de prévisions sur le long terme) j'entends le même commentaire : "vous n'êtes qu'un rabat-joie, on a besoin de faire la fête de temps en temps, de ne pas être sans arrêt soumis à la comptabilité, vous n'êtes qu'un de ces pisse-froid qui ne savent pas s'enthousiasmer".
Rien n'est plus faux. J'aime bien le sport, je regarde les JO avec plaisir. Ce que je déplore c'est une procédure de désignation des villes aberrante, qui pousse au gaspillage, voire à la ruine des pays organisateurs, pour le seul profit du Comité International Olympique qui s'arrange pour faire monter les enchères et faire payer le plus possible des jeux par les contribuables des pays organisateurs, avec la complicité de politiciens plus doués pour leur auto-promotion que pour la gestion des deniers publics.
Et cette fois-ci, on était proche de vrais changements. Les révélations systématiques sur les coûts des jeux et de leurs maigres bénéfices avaient fait bouger les choses, conduit des citoyens à abandonner l'unanimisme béat pour se demander ce qu'ils avaient à y gagner, et des élus à faire leurs comptes. Ainsi, Rome, Budapest, ont abandonné leur candidature en voyant que l'opération n'était pas rentable. Mais il reste des pigeons, et le CIO pourra organiser les jeux comme avant, ayant échappé à sa remise en question.
Car la solution au problème existe : il suffit d'allouer les jeux différemment, plutôt qu'avec ce système de candidatures de villes. Il serait possible par exemple de désigner une ville par continent, et de faire tourner l'organisation tous les 4 ans entre ces villes qui verraient ainsi leurs investissements olympiques rentabilisés. Encore mieux : pourquoi ne pas organiser à chaque fois les jeux à Athènes, en revenant ainsi aux racines de l'olympisme? Les équipements grecs pourraient ainsi être pérennisés et rentabilisés au lieu de pourrir sur place.
Et c'est ce qui est le plus déplorable avec cette organisation parisienne des jeux. Au lieu d'apporter une solution au problème en mettant le CIO dans l'obligation de faire autrement, cela permet de continuer les gaspillages, comme si de rien n'était.