lundi 20 mars 2017

« En marche » vers nulle part



 « En marche » vers nulle part.
L'Aigre Doux, mars 2017
Tutti frutti! De l'ancien secrétaire général du Parti Communiste Robert Hue à  Alain Madelin, ministre très droitier de Jacques Chirac, d'Alain Juppé et d'Édouard Balladur, Emmanuel Macron candidat ni gauche, ni droite et  pas même au centre malgré le supplétif professionnel permanent Bayrou, réussit le grand écart absolu. Une invraisemblable salade de fruits, oxymore politique intenable, qui l'oblige à cette valse- hésitation, ce programme volontairement imprécis de nature à ne gêner personne, à contenter le plus grand nombre. 
Combien de temps encore le favori des médias, faux-nez des socialistes de gouvernement terminant en lambeaux le quinquennat de Francois Hollande, maintiendra-t-il cette périlleuse ambiguïté qui lui permet de surfer sur les sondages? 
En plus de son capital personnel indubitable l'homme en marche vers nulle part dispose d'un soutien militant du monde de la finance ainsi que celui de la presse jusque là jamais autant imbriqués l'un dans l'autre. Il jouit par ailleurs d'une bienveillante tolérance morale et judiciaire sur des arrangements et des facilités dont n'ont bénéficié ni Marine Le Pen, ni François Fillon, ses principaux  concurrents à l'élection présidentielle.
Le débat de société opportunément occulté par les « affaires » va cependant dans les jours à venir, à travers les confrontations entre les candidats, permettre enfin de recentrer l'intérêt des citoyens sur l'essentiel, de distinguer dans la sérénade sirupeuse qu'on leur déverse dans les oreilles les paroles noyées dans la musique, d'apprécier le fond plutôt que la forme.
Suffisant pour sortir de cette hypnose collective une partie de l'électorat en doute ou en souffrance après des années de gestion erratique du pays, cherchant dans ce monde enchanté qu'on leur fait miroiter un espoir flou et incertain ? Pas sûr, tellement les déceptions sont profondément ancrées dans les esprits, les inquiétudes justifiées par une rude réalité que le Pouvoir s'est ingénié à minimiser et pas seulement au cours de ce mandat qui s'achève. 
Au « tous pourris » risque de s'additionner le « tous coupables, tous responsables », condamnation unanime d'une classe politique dont l'état de délabrement avancé laisse le champ ouvert  à toutes les aventures. 


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