jeudi 23 mars 2017

Quand la mer se retire on voit ceux qui se baignent sans maillot
Par François Danjou
Si le but est de tuer politiquement François Fillon, ce que même un aveugle verrait, les attaques contre lui ne cesseront pas tant qu’il ne sera pas à terre. Les révélations même exactes sur les turpitudes des uns ou des autres n’y feront rien. La dernière manœuvre ayant consisté à très vite ouvrir une enquête sur l’emploi de ses filles mineures par le socialiste Bruno Leroux, sacrifié sans états d’âme et à peu de frais dans la bataille anti-Fillon est le dernier coup en date porté au vainqueur de la primaire de droite.

Dans l’esprit de la mouvance moralisatrice bêlante qui fait mine de croire que la politique pourrait être un linge immaculé, l’éviction rapide du ministre de l’intérieur est, pour solde de tout compte, la preuve que le parquet financier et la justice furent impartiaux.

Mais les naïfs oublient que le sacrifice de l'arbrisseau Buno Leroux sur l’autel de la probité cache la forêt touffue de plus d’une centaine d’emplois familiaux parlementaires plus difficiles à instruire, comme celui de Claude Bartolome, président de l’assemblée nationale lui-même dont l’épouse Véronique qui fut sa collaboratrice est toujours rémunérée en tant que "chargée de mission interventions et droits des femmes", alors que François Fillon a mis fin à l’emploi de son épouse à l’été 2013.

Dans ce contexte, de harcèlement judiciaire, c’est un miracle que François Fillon soit encore debout, d’autant qu’à peine le débat du 20 mars terminé, la presse française a, presque d’une seule voix, chanté les louanges d’Emmanuel Macron, le Sarthois étant déjà passé par pertes et profits par les commentateurs de BFM TV et les sycophantes de la nébuleuse médiatique.

La prochaine offensive contre François Fillon qui s’ajoutera au bruit de fond des musiques en cours pour le présenter comme un intermédiaire douteux de milliardaires libanais par le truchement de sa société de conseils, sera, dans 6 jours, la convocation de son épouse par les magistrats en charge du dossier. Il reste que l’avenir nous dira si ces harcèlements ne portent pas le risque, par ce qu’ils ont d’univoque, d’excessif et d’obsessionnel, d’aboutir exactement à l’effet inverse qui serait de conforter le Sarthois au lieu de l’abattre.

Peut-être, la dernière enquête de l’application GOV créée en 2014, hybride entre un sondage et l’analyse du « bruit de fond » des réseaux sociaux, publiée le 21 mars par BFM TV, créditant François Fillon, après le débat du 20 mars, de 58 % d’opinions favorables, loin devant Emmanuel Macron à 32 % et JL Mélenchon à 27 %, est-elle un signe que les « mouches sont en train de changer de vaches ».A suivre. 

 L’article de BFM TV est en tous cas le signe que même les sectaires univoques commencent à douter au milieu du matraquage anti-Fillon qu’eux-mêmes ont orchestrés.



Une application participative de sondages donne François Fillon en bonne position pour remporter la présidentielle. Cette plateforme c'est Gov. Un outil qui avait déjà envisagé sa victoire à la primaire de la droite. 



Pour un CR moins partial de la situation de François Fillon, je suggère de lire l’analyse de Richard Werly, correspondant du journal Le TEMPS à Paris.




Le débat entre les favoris de la présidentielle a peut-être redistribué les cartes. François Fillon, conforté sur TF1, se retrouve toutefois bousculé par la démission du ministre de l’intérieur Bruno Le Roux, pour avoir employé ses filles à l’Assemblée

Enfin, on ne peut pas évacuer le fait que le champ de ruines du paysage politique français où il apparaît que les partis et les médias sont déconsidérés, tandis que la constitution de la 5ième République est elle-même devenue vulnérable, est le résultat de très nombreuses compromissions à l’œuvre depuis plus de trente ans.

C’est précisément parce que François Fillon, surgi d’un sérail qu’il connaît bien, ose dénoncer les omerta et les mensonges à l’œuvre depuis 30 ans qu’il est devenu la cible d’autant de férocités par ceux qui, pour paraphraser le milliardaire Warren Buffet voyant que la mer se retire, craignent de révéler que, depuis si longtemps, ils se baignent sans maillot.

Durant le débat du 20 mars, après avoir insisté sur la force résiduelle de la 5ième République, François Fillon a, lui aussi, reconnu qu’un toilettage des institutions pourrait être nécessaire.

Mais, conscient des catastrophes qui nous guettent, il juge lucidement que les priorités immédiates sont ailleurs. Le texte ci-joint est un essai de synthèse iconoclaste de l’origine des incendies qui font rage, entretenus par ceux qui aujourd’hui s’en alarment, comme des pompiers pyromanes. FD

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