mardi 2 mai 2017

Laurent Wauquiez : "Pas de coalition autour de Macron"

Par
Auteur
/ Dimanche 30 avril 2017 à 08:00
0
Laurent Wauquiez. Photo ©REA
Laurent Wauquiez. Photo ©REA

Présidentielle. Laurent Wauquiez, premier vice-président des Républicains, refuse d’appeler à voter Macron et réclame un sursaut de la droite dès les législatives.

La droite vient-elle de vivre “son” 21 avril ?
C’est une défaite d’autant plus cruelle que nous aurions dû gagner cette élection. On paye cher le climat des aff aires, qui a empêché François Fillon de porter le débat sur le fond. Ce ne sont pas nos idées qui ont perdu, elles sont largement majoritaires chez les Français : la nécessité de baisser les impôts, la maîtrise de la dépense publi que, la lutte contre le communautarisme, la valorisation du travail, etc. Mais ce n’est pas un 21 avril à l’envers, c’est nous qui avons perdu à cause des affaires. Notre candidat n’a pas perdu sur ses idées. Plus que jamais, l’avenir de la droite, c’est d’affi rmer ses valeurs.
Et de clarifier ses positions, quitte à laisser partir certains ténors ?
Ne comptez pas sur moi pour me lancer dans des règlements de compte. Il faut maintenant se tourner vers l’avenir et j’ai deux priorités : l’unité de ma famille politique et la remobilisation pour les élections législatives. Contrairement à ce qu’on nous dit, il n’y a pas d’engouement du pays autour de Macron : rarement dans la Ve République un candidat en tête a fait un si faible score au premier tour. J’en appelle au sursaut de nos électeurs : la victoire est possible en juin.
Pourquoi refusez-vous, contrairement à la plupart des cadres des Républicains, d’appeler à voter pour le candidat d’En marche! ?
Quand on subit une défaite, on doit être modeste et je sais que les Français sont libres et ne suivent pas forcément les consignes de vote. Je demande à ceux qui nous ont fait confi ance de ne pas voter pour Marine Le Pen. Je ne donne aucune leçon de morale, mais si Mme Le Pen devait l’emporter, il y aurait un risque de chaos immédiat dans notre pays : sur le plan économique, avec la folle perspective de la sortie de l’euro ; sur le plan diplomatique, avec l’hostilité de nos partenaires ; et globalement pour notre société, qui serait profondément fracturée tant le rejet de Mme Le Pen reste important.
Ce qui vous rapproche de Macron…
Je refuse que la seule réponse de ma famille politique soit de se rassembler derrière Emmanuel Macron. Je vais être clair : je ne participerai pas à une coalition autour de Macron, car nous ne partageons pas les mêmes convictions. Les masques vont vite tomber et chacun pourra rapidement se rendre compte que la présidence Macron sera la poursuite de celle de François Hollande avec un simple ravalement de façade. Malgré ses eff orts, Emmanuel Macron n’a pas réussi à obtenir autre chose que des débauchages individuels d’opportunistes. Quand la fumée se dissipera, chacun se rendra compte que Macron, c’est la gauche, et que la seule solution pour empêcher la gauche de gouverner cinq ans de plus, c’est de voter pour la droite et le centre aux élections législatives.
Voulez-vous incarner ce sursaut ?
Nos électeurs ont déjà de quoi être en colère. Ils ne nous pardonneraient pas si nous avions maintenant l’indécence de nous déchirer pour des ambitions personnelles. Je crois au sursaut de la droite et du centre, ce sursaut ne peut être que collectif.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire