jeudi 10 août 2017

Comment Macron veut renouer les liens avec les Français sur Facebook
French newly elected President Emmanuel Macron (R) poses with his wife Brigitte Trogneux at the Elysee presidential Palace after the handover and prior to the inauguration ceremony on May 14, 2017 in Paris. 
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Emmanuel Macron souhaite s'exprimer à la rentrée sur ses premiers mois à l'Elysée et sur les chantiers qu'il compte lancer, selon Le Monde. Le chef de l'Etat envisage de le faire à travers un Facebook live. Un format qu'il préférerait à la traditionnelle interview présidentielle et qui cadre mieux avec la stratégie de communication de ses équipes. Si l'exécutif s'apprête à prendre quelques jours de vacances à partir de mercredi, à l'Elysée on se demande déjà comment s'adresser aux Français à la rentrée. Et l'hypothèse d'une prise de parole directe sur le réseau social Facebook tient la corde, signale Le Monde 

En effet, Emmanuel Macron, dont la cote de popularité a chuté lourdement dans les sondages, compte prendre la parole pour expliquer les premiers mois de son action et aborder les travaux encore à venir. Le site du quotidien du soir note que l'idée d'une "communication directe" semble devoir prendre le pas sur une éventuelle interview présidentielle.
Plusieurs formats sont étudiés, dont celui d'un "Facebook live", c'est-à-dire un direct vidéo retransmis sur le site du célèbre réseau social. Les responsables de la communication élyséenne assurent que ces vidéos, organisées à chaque déplacement, peuvent rassembler jusqu'à "un million de vues". Cependant, le dernier Facebook live diffusé par les équipes d'Emmanuel Macron (les images d'un repas du chef de l'Etat pris avec les enfants de l'île de loisirs des Boucles de Seine, jeudi) a attiré 263.000 vues, un chiffre qui bien sûr reste important.Un épisode de la campagne présidentielle est considéré par son entourage comme le grand moment de l'entre-deux tours du candidat victorieux: la discussion d'Emmanuel Macron avec les salariés de Whirlpool à Amiens, le 26 avril. Or, l'entrevue capitale entre le futur Président d'alors et des syndicalistes avait été diffusée exclusivement au moyen d'un direct Facebook.
Comme le souligne ici L'Opinion, qui évoque le chiffe de 550.000 visionnages sur Internet en quelques jours, auxquels s'ajoutent un demi-million de téléspectateurs qui ont regardé les mêmes images, la séquence s'était assurée un beau succès, sans filtre médiatique. En juillet dernier, en marge d'une réunion du G20 à Hambourg, une déambulation d'Emmanuel Macron dans les rues de la ville hanséatique avait été captée par les objectifs de ses équipes et relayée sur les réseaux sociaux.
Cette décontraction apparente, cet accent mis sur la communication numérique et les réseaux sociaux, le tout au service d'un contrôle absolu de son image et au détriment des journalistes tenus à distance, ont poussé à tracer le parallèle avec la stratégie de communication de Barack Obamapendant ses huit années à la Maison blanche. Mais, comme dans le cas du Président américain, l'emploi et le traitement de l'image d'Emmanuel Macron excèdent les seuls Facebook live. La communication du président de la République passe aussi par des vignettes, diffusées dans la presse écrite ou audiovisuelle et également susceptibles de se retrouver un peu partout sur les réseaux sociaux. L'effort tennistique d'Emmanuel Macron dans un fauteuil roulant, le 24 juin dernier à Paris lors de la journée olympique, en est un exemple. 
Emmanuel Macron se montre également friand d'une autre stratégie de communication numérique: le selfie. Le 12 mai dernier, quelques jours après sa victoire à la présidentielle, il se prenait ainsi en photo devant son équipede campagne au grand complet, dans son dos. Mais un autre selfie, celui-ci vidéo, a beaucoup fait pour sa notoriété internationale. Le 23 juin dernier, depuis les jardins de l'Elysée, l'ex-gouverneur de Californie et acteur Arnold Schwarzenegger apparaissait aux côtés d'Emmanuel Macron dans une vidéo appelant à lutter contre le réchauffement climatique, trois semaines après la décision de Donald Trump d'amorcer le retrait de son pays de l'accord de Paris.