vendredi 7 avril 2017

Emmanuel Macron, grand perdant du débat à 11, face à un François Fillon offensif

A l'issue du débat à 11, Emmanuel Macron apparaît comme le grand perdant de cette confrontation entre les différents prétendants. Le candidat d'En Marche semble être à bout de souffle, tandis que François Fillon, au centre des échanges tout au long du débat, marque des points. Ce dernier s'est imposé comme le candidat le plus crédible au second tour face à Marine Le Pen

Ces derniers jours, Emmanuel Macron est à la peine. Les défections au sein d’En Marche se multiplient, de Pau à Lyon. Richard Ferrand, bras droit de Macron et appréhendé par nombre de commentateurs comme un potentiel futur ministre, a été violemment attaqué pour une subvention accordée à une association proche du Hamas et pro-BDS. Une salle à moitié vide lors d’un meeting à la Réunion. Des militants qui au bout d’une dizaine de minutes quittent massivement le meeting de Marseille. Une émission sur LCI, où l’ensemble du plateau, pendant plus d’une heure raille sans aucune modération la dimension purement marketing de la candidature d’Emmanuel Macron.
Toute une frange de l’électorat commence à se détourner de Macron
C’est dans ce climat particulièrement problématique qu’Emmanuel Macron a abordé le grand débat à 11 sur BFM TV et CNews. D’aucuns annonçaient un Macron combatif, désireux de faire oublier les affres qui touchent actuellement En Marche. N’en déplaise aux sondeurs ou aux journalistes, c’est un fait communément admis ces derniers jours, la candidature Macron marque le pas. Toute une frange de l’électorat, préalablement convaincue par la posture anti système de l’ancien ministre de l’économie passé par la banque Rothschild, s’est progressivement détournée de Macron.
Ce débat revêtait pour le candidat d’En Marche ! un véritable enjeu stratégique. Il s’agissait de relancer sa campagne, avec une nouvelle dynamique et une nouvelle impulsion. Or que faut-il retenir de la prestation de celui que les pro-Fillon ont ironiquement rebaptisé Emmanuel Hollande ? Une vacuité toujours aussi marquante. Dans la droite ligne des meetings de la Réunion et de Marseille, Macron tout au long de ses différentes prises de parole n’a eu de cesse de donner l’impression d’enfiler des mots, comme certains enfileraient des perles. Il faut bien le reconnaître, cela n’est pas digne d’un candidat à la plus haute fonction politique de la République française.
Démonétisé, Macron n’est plus la cible des attaques
Contrairement aux inquiétudes des membres de son proche entourage, Emmanuel Macron n’a pas fait l’objet d’un « tir aux pigeons », ou d’un 10 contre 1. Bien au contraire, Fillon a été, à bien des égards, le candidat ayant eu à subir le plus grand nombres d’attaques. Marine Le Pen a principalement ciblé le candidat de la droite et du centre, notamment sur la problématique de la moralité ou de l’exemplarité. Ces attaques contre François Fillon mettent au jour un élément déterminant, les candidats, notamment Marine Le Pen, ont intériorisé un fait : la candidature Macron est aujourd’hui totalement démonétisée, tandis que la dynamique est aujourd’hui passée dans le camp Fillon.

C’est de Nicolas Dupont Aignan que les attaques frontales contre Macron sont venues. Le candidat de Debout la France accusant notamment Emmanuel Macron d’avoir bradé les intérêts français, en vendant notamment Alstom aux intérêts américains. Le passé trouble du candidat d’En Marche ! au sein de la banque Rothschild a été mis au jour par Dupont Aignan au cours du débat, et cela a eu pour principal effet de faire fléchir un Emmanuel Macron bien timoré.

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