Retour en force
des
Commissaires de la morale
François
Danjou. 9 avril 2017
La révolution
française avait mis en place les premiers commissaires politiques de l’histoire
chargés de contrôler que les militaires ne dévient pas de l’idéal
révolutionnaire. En 1918, Trotsky avait créé cette fonction dans l’armée
rouge pour maintenir strictement la hiérarchie militaire sous la coupe des idéologues
d’octobre, prévenir les risques de dissidence et assurer directement la
propagande auprès des unités militaires.
Plus tard
Staline les utilisa pour purger l’armée rouge des cadres jugés politiquement
douteux. Mais l’esprit critique et la force de caractère qui incitent à la
rébellion allant de pair avec la qualité des hommes, les purges eurent l’effet
collatéral d’éliminer de nombreux officiers compétents que Staline dut rappeler
de ses prisons quand l’armée rouge était en difficultés face au IIIième Reich à
Stalingrad.
*
La 11ième
élection présidentielle de la 5ième République aura été marquée par
le retour en force d’une catégorie particulière de Commissaires. Ceux de la
morale, petits soldats de la désinformation et de l’arnaque politique pour
abattre François Fillon, le seul candidat – le pire est que tous les
commentateurs sérieux le reconnaissent – ayant une stature, un programme, un
discours, une maîtrise de soi et une
tonalité de chef d’Etat.
Diffusant à
jets continus une rengaine univoque sur l’air offusqué de la dignité et de
l’honneur bafoués, tous les médias ou presque se sont faits les porteurs de
valise d’une opération de communication à deux faces, strictement symétriques.
L’une
destinée à promouvoir comme un « tube » de midinette à succès un jeune narcissique
immature empêtré dans d’immenses contradictions personnelles et politiques,
imbu de son succès médiatique fabriqué et dont l’absence de colonne vertébrale
pourrait, s’il est élu, annoncer d’autres catastrophes à venir pour la France,
déjà embourbée dans le déni.
L’autre ayant pour
but d’éliminer un homme dont l’expérience politique nationale et internationale
est infiniment plus riche que celle de n’importe quel autre candidat et qui, au
bout d’une vie de service public, a décidé de sortir le pays de l’anesthésie,
de nommer les défis qui accablent les Français et de leur proposer un chemin et
pour extirper la fatalité du déclin de leurs esprits.
D’une part une
nouvelle dose de stupéfiant ; de l’autre un réveil roboratif.
Mais rien
n’aura été négligé pour enfoncer les Français dans la confusion et les
culpabiliser par avance du « risque immense » qu’ils prendraient de
placer à la tête du pays « un homme indigne. » Harcèlement
judiciaire, violation du secret de l’instruction, désinformation systématique,
manipulation des images, embuscade télévisée organisée par David Pujadas avec la
complicité d’une virago pornographe échappée de l’entre soi « bobo »
rejouant sans cesse « au nom du peuple » un nouvel acte factice de la
terreur révolutionnaire.
Et, à, l’inverse,
complaisance souriante à peine critique pour les contradictions du météore de
la politique française, banquier d’affaires aux dents longues badigeonné à
l’huile sympathique de la sociale démocratie, reconverti, comme par magie, à la
sensibilité miséricordieuse pour la détresse populaire.
Quand
François Fillon alerte sur l’état de nos banlieues, les commissaires de la
morale crient au racisme porteur de guerre civile tout en attisant, par leurs
démagogies multiculturelles, les incendies de la haine de la France. Quand, mettant en garde contre la faillite
des comptes et la proximité inéluctable d’une déroute budgétaire, il suggère
quelques économies, on hurle au loup et à la « purge », tout en proposant de
creuser encore les déficits.
Quand il
parle de fierté française on le traite d’affreux nationaliste, au moment même
où la classe des intellectuels déconstructeurs de la France, trouve toutes les
indulgences au voyage à Alger de l’étoile filante, ayant craché en terre
étrangère sur l’histoire du Vieux Pays à seule fin de racoler le vote des
banlieues.
Cet
acharnement se développe sans discontinuer grâce à quelques ferrailleurs et
hommes de main qui organisent les fuites dans la presse de l’instruction des
« affaires » de François Fillon, manipulent la justice au nom d’une
vision idéologique de leur charge, à moins que ce ne soit par copinage de
caste, tandis que la férocité opiniâtre est encore attisée par des journalistes
indignes et tourmenteurs incapables de s’extraire des poubelles où ils se sont
eux-mêmes plongés, confits dans leurs incessantes leçons de morale.
François
Fillon rassemble chaque fois plusieurs milliers des Français enthousiastes dans
des salles pleines à craquer, mais la télévision d’Etat et ses supplétifs
repassent en boucle la dizaine de tapeurs de casseroles convoqués à l’entrée
des meetings ; Pas un mot sur l’ambiance et la ferveur populaire. A
l’inverse, filmant avec complaisance les
prestations « télévangélique » de l’apprenti gourou aux idées creuses
et flottantes, jamais on insiste sur les
sièges vides et les déçus qui, s’ennuyant
dans les réunions de Macron, s’éclipsent avant la fin. Pire encore la
lèpre de l’autocensure sous l’œil vigilant des ayatollahs de la secte
médiatique menace de se répandre comme une épidémie.
Le 4 avril, évoquant des risques
juridiques de diffamation, (sic) LCI a retiré de son site internet l'émission «La
Médiasphère» du 3 avril, très critique à l'égard de Marine Le Pen, mais surtout
d'Emmanuel Macron. Comme s’il était inconvenant de trop critiquer le météore
politique fabriqué par le parti socialiste, alors que depuis plus deux mois,
François Fillon est victime d’un harcèlement qui bafoue à la fois la
présomption d’innocence et le secret de l’instruction sans que jamais personne
ne s’en offusque.
*
Mais
puisqu’il est question de morale, parlons en, tout en prenant soin de garder un
œil sur l’état de la France, de l’Europe et du monde, sujets que les
commissaires de la morale évoquent si mal et si peu tant ils ne parviennent pas
à détacher leurs obsessions de la fange dans laquelle ils se complaisent.
Eclatement
de l’Europe, menaces sur l’Euro, crises migratoires, montée de l’intégrisme
islamiste, déclin de l’Occident, chaos à nos portes, en Afrique et au Moyen
Orient, ébranlement de l’Amérique, retour à la guerre froide et guerre en
Ukraine, impérialisme turc, unité britannique en question ; chômage record
en France, et montée des risques de guerre urbaine.
Il
faut être hypnotisé pour ne pas voir que nous sommes arrivés à une très
dangereuse croisée des chemins, tandis qu’en amont de la présidentielle les
ayatollah de la vertu française, commissaires d’un nouveau genre, croyant que
la politique est un linge immaculé, s’intéressent presque uniquement aux
costumes de François Fillon et à l’emploi parlementaire de sa famille.
Pourtant, même
Sarkozy et Alain Juppé en conviennent enfin, F Fillon est de très loin le
meilleur, d’autant qu’on ne voit pas où serait l’extrême déshonneur à faire
travailler ses proches, quand la honte et l’indignité sont non seulement
entrées en force à l’Elysée en 2012, mais ont aussi été psychanalysées et
décortiquées, secrets d'Etat compris, par deux journalistes spécialistes de la
violation du secret de l'instruction. Oui puisqu'on parle de morale, il est
difficile de trouvez de meilleurs symptômes de l’effondrement de la vertu
politique.
Enfin, ne pas voter
François Fillon c’est manquer une occasion historique que les Français ne
retrouveront pas de si tôt. Un homme de cette trempe, porteur d’une programme
exhaustif et élaboré par l’expérience et la durée, capable de rester debout,
imperturbable sous la mitraille depuis plus de deux mois, ne se trouve pas sous
les sabots du premier cheval venu. En tous cas on n’en voit pas dans l’offre
politique actuelle / FD
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