Un débat à inscrire dans le livre des records !
VIDÉOS. Du jamais-vu quant à la longueur, le nombre de participants, le comportement atypique des "petits candidats". Cette campagne se déroule à l'envers.
Par Sophie Coignard
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Publié le
| Le Point.fr
Finalement, la mission impossible a été menée à bien : les onze
candidats à la présidentielle ont tous pu s'exprimer à égalité sans que
l'exercice vire à la cacophonie. Mais ce débat
restera surtout dans les mémoires pour avoir battu des records. Celui
de la longueur, tout d'abord : quatre heures de télévision que seuls les
téléspectateurs les plus irréductibles ont eu la ténacité de regarder
de bout en bout.
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Ensuite, celui de l'ennui que les participants, contraints de
s'exprimer chacun moins de 10 % du temps, tentaient de masquer chacun à
sa façon, et pas toujours avec succès. Enfin, le comportement de
certains « petits » candidats, qui ont explosé les codes habituels de la
confrontation politique. Philippe Poutou s'est ainsi montré irrespectueux de bout en bout, attaquant François Fillon et Marine Le Pen
sur les affaires avec une insolence inédite ou interpellant les uns et
les autres au mépris des règles élémentaires du savoir-vivre. Quant à Jean Lassalle,
il semblait dans un état si second que ses voisins de pupitre n'ont pas
toujours réussi à tenir leur sérieux quand il s'exprimait. Cette
« performance » de quatre heures, donc, mérite son inscription au livre
des records. Mais elle montre aussi, en creux, l'absurdité du système
des primaires à la française.
En France, les deux primaires organisées à droite et à gauche n'ont servi à rien. Pas même à éviter la multiplicité de prétendants, dont certains ne dissimulent même pas qu'ils portent une simple candidature de témoignage. Ils contribuent involontairement à démontrer que les primaires ne servent à rien, si ce n'est à prolonger exagérément la période de campagne, au risque de lasser les électeurs.
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L'absurdité des primaires
Aux États-Unis, patrie des primaires, l'idée de voir plus de dix candidats débattre à armes égales une fois que ces phases éliminatoires ont eu lieu est tout simplement insensée. Les chaînes de télévision doivent, elles aussi, gérer la profusion des candidats à cette occasion. En 2012, il leur est arrivé d'organiser deux débats dans la même soirée : les favoris à l'heure de grande écoute, les autres dans une case moins avantageuse en termes d'audience. Simplement, cette étape des primaires est destinée à éviter la cacophonie dans la dernière ligne droite qui précède le scrutin.En France, les deux primaires organisées à droite et à gauche n'ont servi à rien. Pas même à éviter la multiplicité de prétendants, dont certains ne dissimulent même pas qu'ils portent une simple candidature de témoignage. Ils contribuent involontairement à démontrer que les primaires ne servent à rien, si ce n'est à prolonger exagérément la période de campagne, au risque de lasser les électeurs.
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